Publié le 13/02/2026 à 11:00
- Enghien-les-Bains, tellement surcôté !
- Deuil-La Barre, un passé riche à découvrir
- Comprendre aujourd’hui, pour anticiper demain
- Entretenir la mémoire
- N’oubliez pas, pensez à l’avenir
Enghien-les-Bains, tellement surcôté !
J’habite la ville de Deuil-La Barre depuis plus de vingt ans, et mis à part un interlude de deux ans à Paris, je suis arrivé en vallée de Montmorency en janvier 1984, j’avais huit ans : Andilly, Enghien, puis Deuil-La Barre.
Quand on pense à ce coin, on pense plutôt à Enghien-les-Bains : un lac, un casino, des maisons huppées, un endroit qu’on pense riche en histoire ! C’est en partie vrai, mais la commune d’Enghien-les-Bains date de 1850, et est constituée de territoires pris sur les communes voisines de Soisy-sous-Montmorency, Epinay, Saint-Gratien, et … Deuil-La Barre. Comprendre l’histoire d’Enghien, c’est comprendre celle des communes autour, et donc, celle de Deuil-La Barre.
Deuil-La Barre, un passé riche à découvrir
Quand on habite Deuil, on ne prend pas forcément le temps de comprendre sa ville. On y habite, on y scolarise ses enfants, bien souvent on va travailler à Paris, et c’est souvent l’une des raisons qui font qu’on l’a choisie : bien desservie par trois gares, de nombreux bus, plutôt calme, encore un peu sauvage par endroits, des bonnes écoles, quelques commerces, bref, tout à proximité sans le stress parisien. Et… C’est tout ?
Quand je suis arrivé en 2005, je me souviens qu’il y avait une librairie et une boutique de photographe en centre-ville. J’avais alors remarqué la présence de photos anciennes, fin XIXème, dont une où on voit ma maison, et plusieurs livres d’un certain Michel Bourlet, contant l’histoire de la ville. J’en achetais. Je faisais connaissance aussi de M. Alain Chabanel, aujourd’hui (et pour encore longtemps je l’espère) adjoint au maire, successeur de M. Bourlet au Cercle d’Etudes Historiques de Deuil-La Barre.

Recueil de photos de Deuil-La Barre en 1900
La lecture de ces livres m’a fait découvrir un passé riche que je ne soupçonnais pas. L’histoire s’étend de la préhistoire à nos jours, en passant par les légendes du Lac Marchais et de Saint-Eugène, les châteaux, dont celui de la Chevrette (aujourd’hui disparu), les journées glorieuses de Août 1944, et terribles d’Octobre de cette même année, la fusion des communes de Deuil et du hameau de la Barre, et l’urbanisation post-seconde guerre mondiale à aujourd’hui, sous l’impulsion de plusieurs maires, plus ou moins visionnaires.
Comprendre aujourd’hui, pour anticiper demain
Tout ceci permet de comprendre l’évolution de ma ville, pourquoi et comment elle est devenue ce qu’elle est aujourd’hui. Comprendre des choix aujourd’hui devenus discutables, comprendre les actions entreprises par la Municipalité actuelle pour réparer certaines erreurs du passé, redonner son lustre à une commune souvent assimilée avec erreur à une cité dortoir (il n’y a rien de plus faux), préparer et anticiper l’avenir.
Un grand regret partagé par une partie de la population est la perte du Château de la Chevrette, dont il ne reste que la Conciergerie, à la fin du XVIIIème siècle (1786), un château qui était magnifique, qui a connu de grandes heures sous Mme d’Epinay, ayant accueilli dans ses salons Jean-Jacques Rousseau ou Diderot. Si les derniers bâtiments comme l’Orangerie, détruite en 1960, ont disparu, il en reste encore des traces. Saviez-vous part exemple que la rue Jean Boin était l’axe du Jardin / grand canal de ce château ? Que le quartier de la Galathée, où siège aujourd’hui une monumentale statue, vient d’une statue situé au fond des jardins ?

Comment un événement dramatique peut-il forger tout le destin d’un quartier ? Lorsque le 4 octobre 1944 un missile V2 allemand détruit tout le quartier du centre-ville et une bonne partie de l’église, qui peut alors imaginer que ce terrible événement meurtrier va redessiner le visage du centre-ville ? Une avenue Charles de Gaulle très large, une grande place, d’abord parking, devenue parc et fontaine, une église désenclavée remise en valeur… Finies les rues étroites et engorgées, place à la lumière !
Certains voudraient que la ville reste statique, telle qu’ils l’ont connue lorsqu’ils étaient petits, où lorsqu’ils sont arrivés. Stopper les constructions, l’urbanisation. Un monsieur me racontait il y a quelques semaines que petit, il ramassait des tritons et des têtards dans les rus et plans d’eau où les immeubles de la Galathée ont été construits. Une autre personne voulait qu’on stoppe la construction de nouveaux immeubles, ce qu’on peut comprendre si on laisse les promoteurs faire n’importe quoi, tout en habitant elle-même un immeuble récent.
Fort de cette histoire, avec ses succès et ses erreurs, la ville avance, et tente aujourd’hui tant de remettre en valeur son patrimoine et ses espaces naturels (Côte de Deuil, coulée verte, etc.) que d’avancer dans le XXIème siècle avec une urbanisation contrôlée et réfléchie, en redynamisant la vie des quartiers (Place de la Nation, La Barre, le Centre-Ville, etc.) et en proposant de nouvelles infrastructures pour l’avenir (équipements sportifs, culturels, Animation, bâtiments, écoles, urbanisme d’anciens quartiers, etc.).
La ville avance, et elle avance bien sous l’impulsion d’une Municipalité dynamique pariant et investissant sur l’avenir sans renier son passé.
Entretenir la mémoire
Outre le Cercle d’Etudes Historiques de Deuil-La-Barre, la ville dispose d’un petit musée au sein de la conciergerie du Château de la Chevrette.
J’ai aujourd’hui la chance de disposer de l’ensemble (enfin, je suppose) des ouvrages écrit par feu M. Michel Bourlet, des Origines de Deuil jusqu’à son histoire récente (2005), mais aussi d’un grand nombre de cartes postales du XIXème siècle à aujourd’hui. Mieux, je dispose par exemple de photos originales de la chute du V2. C’est un trésor !

Une partie d’une collection sur ma ville
Cette mémoire ne doit surtout pas être perdue, ne pas tomber dans l’oubli. Oublier son passé, c’est risquer de commettre à nouveau ses erreurs. Pour ça, on peut compter sur un petit nombre, qu’on peut espérer grandissant, de curieux et passionnés, qui partagent cette histoire. Ainsi, participer à une conférence au Musée de la Chevrette avec M. Alain Chabanel, est une grande source d’enrichissement historique et culturelle. Je repense aussi à l’ouvrage sur Deuil en 44, écrit plus de 50 ans après, où déjà la Mémoire s’efface et les souvenirs ne sont plus aussi vifs, au désespoir de l’Auteur tentant de compiler ces derniers souvenirs.
Il faut entretenir l’Histoire de notre ville. Il nous faut des passeurs d’Histoire.
N’oubliez pas, pensez à l’avenir
Chaque ville, village, hameau de France, a une histoire. Renseignez-vous, conservez-là, partagez votre savoir. Retrouvez la fierté d’appartenir à une ville d’Histoire, et une ville au futur radieux.
En ces temps de choix (article écrit en février 2026, un mois avant les élections municipales), il est important aussi, pour l’avenir, de choisir qui, quelle équipe, pourra le mieux incarner l’avenir de ma ville. Ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux savent que mon choix est fait, tant le travail accompli ces dernières années a reflété ma vision d’une ville qui avance tout en chérissant son histoire, son passé.
Dans tous les cas, je souhaite fermement que les futures municipalités, quelles qu’elles soient, continuent ce travail de Mémoire.