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Publié le 05/09/2026 à 11:00

Note Comme déjà indiqué dans le précédent épisode, je ne nommerai ni le vendeur, ni le mandataire. On réservera ça pour le jour du jugement, s’il y a. Ces articles sont un exutoire pour mon stress de ces derniers mois.

Petit rappel du premier épisode.

Ma fille ayant eu son permis en décembre 2025, et mon fils souhaitant le passer en 2026 (il l’a eu du premier coup en mars 2026), j’ai souhaité acquérir une petite voiture à boite automatique d’occasion, pour qu’ils prennent confiance sans risquer de rayer une voiture plus récente, et j’ai trouvé une Citroën C3 II, boite automatique, de moins de 100000 kms.

La C3

La C3 le jour de l’expertise

Achetée mi-janvier 2026, moins de deux mois après, et 1100 kms environ, des soucis apparaissent. Tout d’abord un souci dans le passage des rapports (patinage) constaté fin février 2026, puis d’antipollution (voyant moteur) début mars 2026, qui était indiqué comme souci mineur sur le contrôle technique, et indiqué comme transitoire (disparaitra rapidement après avoir bien roulé, sonde encrassée, etc.) par le mandataire. Puis, enfin, la troisième semaine de mars 2026, juste avant d’aller au rendez-vous chez le garagiste, le bouquet final: mise en sécurité de la boite de vitesse. Après un accord de prise en charge par l’organisme de garantie, des électrovannes de modulation sont changées sur le système hydraulique, mais le problème perdure. Le réparateur est formel: la boite est morte, il faut la changer. Le code défaut indiqué sur le CT n’est pas un souci d’antipollution comme indiqué, mais un souci beaucoup plus grave de la boite de vitesse.

Et maintenant, la suite.

Devis et garantie

Le garagiste (de la même marque que la voiture), après quelques tentatives (huile, reprogrammation) me confirme qu’il faut changer la boite. Je demande des devis. Devant moi, lui-même tombe des nues et me montre l’écran: compter 6500€ hors main d’œuvre pour un échange standard (soit plus de 8000€ en tout), mais de toute façon elle n’est plus disponible. Miracle, les boites neuves le sont ! Montant du devis: plus de 17000€ ! Le devis est envoyé à l’organisme de garantie, qui refuse, bien entendu: ça excède le prix de la voiture. L’organisme propose d’autres pistes comme le changement du bloc hydraulique seul ou le changement de l’ensembles des électrovannes: Citroën me confirme que ce n’est pas possible. En tout, la voiture va rester jusqu’à mi-mai chez Citroën, en attente de solution.

Devis boite neuve

17100 euros pour une boite neuve. Pour une automobile à 5280 euros.

La garantie demande aussi des informations complémentaires, comme l’historique (Journal des Défauts) du calculateur de la C3. A ce moment-là, le garagiste me dit qu’il abandonne: sans solution, il ne se fait pas payer des vannes déjà changées. Je récupère la voiture, toujours en panne: patinage, mise en sécurité, et, c’est nouveau, le passage en mode manuel ne fonctionne plus. Notez pour la suite: les infos demandées ne sont pas transmises à l’organisme de garantie.

Je commence à me renseigner sur les procédures possibles (assistance juridique), mais je me laisse encore quelques ouvertures: je contacte moi-même l’organisme de garantie. Leur expert me rappelle et me dit de persévérer ! Le but est de trouver un devis de réparation acceptable: la limite de prise en charge est de 3000 euros par intervention. Habitant pas trop loin d’Argenteuil, il me conseille de viser les garages indépendants, pour faire établir des diagnostics et des devis.

Pendant un mois, de fin mai à fin juin, je me lance dans ce défi. Je contacte plus d’une dizaine de garages, spécialistes ou non des boites auto. Et le bilan, sauf pour le dernier, est dingue:

Et enfin, le dernier, et c’est le seul que je vais nommer: GT Auto-Services, à Epinay-Sur-Seine. D’une correction et d’un professionnalisme à souligner. Merci à eux. Ils me proposent de venir, ils font le diagnostic, ils me confirment un défaut interne de la boite (les électrovannes sont OK, le souci est ailleurs) et qu’il faut remplacer la boite complète. Ils auront aussi tenté de reprogrammer, sans résultat. Ils m’établissent deux devis pour un échange standard avec des boites reconditionnées.

Devis boite neuve

5016 euros TTC pour un échange standard.

On me confirmera plus tard que ce sont bien les tarifs: le garage prend des risques sur ce genre d’opération, et donc, facture…

Avant même de leur demander de se mettre en relation avec la garantie, je contacte l’organisme pour anticiper la suite.

Refus et lancement des procédures

La suite, je la connaissais déjà, elle semblait évidente dès les demandes de l’organisme de garantie, mais je voulais démontrer que j’avais tenté mon maximum.

Je contacte donc la garantie. Dans le même temps, j’ai tenu au courant le mandataire de toutes mes démarches. Il m’informe qu’il va tenter de négocier avec l’organisme de garantie pour une meilleure prise en charge. Ben voyons.

Appel de la garantie: c’est trop cher, il faut explorer d’autres pistes. Je dis à leur expert (très sympathique et professionnel, je le souligne aussi) que personne ne réparera la boite: c’est forcément un échange. Je lui décris l’ensemble de mes démarches, et mon stress sur ce mois compliqué. Enfin, sa phrase : “au fait, le premier garagiste ne nous a jamais envoyé les pièces qu’on lui a demandé, comme le CT !”.

Là, j’ai été comme libéré d’un poids.

Alors que nous sommes encore en ligne, je lui envoie le CT. Ce fameux CT où ce code P1167 apparait comme un problème mineur d’antipollution. La réponse de l’expert est immédiate: le CT montre que le problème était naissant / état de germe avant la vente: toute prise en charge est refusée et annulée. S’en suivra dans l’après-midi l’envoi d’un courrier en ce sens. Il me conseille, en off, de contacter mon Assistance Juridique afin de me retourner contre le vendeur et le mandataire.

Refus garantie

Fin du jeu. Trois mois pour rien.

Voilà, c’en est fini des recherches de boite. On va déplacer ça vers le juridique. J’ouvre un dossier auprès de mon assistance juridique, qui me guide depuis pas à pas. J’informe le mandataire d’ailleurs, que c’est fini. A côté de la plaque, il me dit qu’il a négocié, attention, une prise en charge de 300 euros !!! Ooohhhh !!! Quelle blague ! J’ai ri.

La première démarche, c’est d’envoyer un courrier recommandé au vendeur et au mandataire. Puisque le problème existait avant la vente, je demande soit la prise en charge des réparations (hum), soit l’annulation de la vente et le remboursement du prix du véhicule, “Demande d’application de la garantie des vices cachés en matière mobilière”. 15 jours pour répondre, après je lance les démarches auprès de l’Assistance Juridique.

Mauvaise foi du vendeur

Les quinze jours écoulés, je n’ai aucun retour. Le vendeur a bien reçu le courrier (retour de l’accusé de réception). Le mandataire n’ira jamais chercher le sien. Nous lançons donc la suite. L’assistance mandate un cabinet d’expertise pour une expertise contradictoire. Elle est programmée le 1er septembre 2026, au sein du premier garage (elle était prévue le 28 juillet initialement, en plein voyage à l’étranger, donc…).

Durant mes congés, le 8 aout, le vendeur écrit à mon assistance juridique:

L’expertise

L’expertise a eu lieu mardi 1er Septembre. Le rapport a été remis aujourd’hui, et il est édifiant. Elle a duré deux heures, comprenant:

Ni le vendeur, ni le mandataire ne sont venus. La garagiste a fourni place, bureau et valise (OBD).

L’expert a tout de suite compris le problème. Lors de l’essai routier de 3 kms, il a réussi a provoquer la mise en sécurité et le blocage en 3ème de la boite. Enfin, lors du passage à la valise, il a accédé au JDD (journal des défauts) : les deux problèmes (antipollution, et boite) y sont répertoriés depuis les 65500 kms de la voiture, et on saturé le journal !

bva

L’erreur de boite de vitesse auto dans la valise

Autrement dit, le problème existait non seulement avant que j’achète la voiture, mais avant même que le vendeur lui-même achète la voiture ! Le plus terrible, c’est que durant tout ce temps, la voiture a passé plusieurs contrôles techniques, et des révisions, dont au moins une chez Citroën : personne n’a relevé les défauts.

Journal des erreurs

Le journal des erreurs a saturé à 65551 kms. Des pages de soucis BVA et antipollution

Trois codes sont relevés:

antipollution

L’erreur antipollution dans la valise

Pour passer les vitesses, le calculateur de boite de vitesse actionne des électrovannes pour laisser passer sous pression l’huile de boite, afin de débrayer / embrayer. La boite automatique est en fait une boite robotisée contrôlée via un système hydraulique (enfin, de l’huile…). En temps normal les vitesses passent en 0,8 secondes. Les valeurs attendues sont de 7,9 bars. Elles sont mesurées à 4,35 bars. Et donc ça patine, et ça finit par tomber en erreur. L’origine ? Pas les électrovannes: il y a une fuite interne à la boite. L’huile s’échappe (où, on ne sait pas), et en cas de forte accélération, elle brule, d’où l’odeur de chaud décrite dans la première partie.

pression hydraulique

L’erreur de boite de vitesse auto dans la valise

La boite est morte, la voiture est économiquement irréparable. Elle est bonne pour la casse, ou pour pièces.

La conclusion de l’expert

Je vous la livre en simple copier-coller et photo:

rapport

Nos opérations d’expertise ont permis de confirmer que le véhicule était affecté d’une avarie en lien avec un défaut interne de la boite de vitesse. Ce désordre est consécutif à un manque de pression d’alimentation en huile, provoquant l’impossibilité de passage des rapports, ainsi qu’un phénomène de patinage. L’historique des défauts permet de confirmer que ce désordre était déjà présent à 65 551 km. La mémoire de ce journal des défauts étant saturée, il nous est impossible de déterminer d’autres kilométrages d’apparition éventuelles. En effet, les nouveaux défauts pouvant apparaître ne sont plus enregistrés dans la mémoire des calculateurs.

Le code défaut P1167 en lien avec cette avarie était de toute façon présent sur le PV de contrôle technique fourni à la vente. Le vendeur mandataire ayant indiqué à M. ROHAUT, qu’il s’agissait d’un défaut antipollution sans importance. M. ROHAUT étant profane de l’automobile, ne pouvait de toute évidence pas interpréter ce code défaut.

Compte tenu de ces éléments, nous vous confirmons que le véhicule est impropre à l’usage, que la tentative de réparation faite dans le cadre de la garantie est restée infructueuse et que, de ce fait, la responsabilité du mandataire et du vendeur particulier peut être recherchée.

Suite ?

Mon prochain rendez-vous avec l’assistance juridique aura lieu la semaine prochaine. Plusieurs scénarios sont possibles:

Si on part en justice, on part pour un an et demi (1 an 1/2) à deux (2) ans. L’expert me disait que même le vendeur du vendeur pourrait être impliqué: il y a une chaine complète de défaillances. Avec une expertise judicaire, etc. La voiture devra être stockée durant tout ce temps (j’ai acheté une bâche, il faudra débrancher la batterie). Durant ce temps je dois continuer à payer la place de parking et l’assurance (soit environ 115 euros par mois) : plus de 2000 euros de frais inutiles pour 18 mois…

Imaginons qu’à la fin je gagne (il parait que ce n’est même pas sûr, les avocats iraient se battre sur le rapport du CT et ce fameux code P1167), il est même possible que le vendeur ou son fils (ils étaient copropriétaires) ne soient pas/plus solvables. Et dans ce cas, bah, j’aurais perdu tout de même mon argent…

Quoi qu’il arrive, je sais maintenant, j’en ai la preuve, mais je n’en avais jamais douté, que je me suis fait avoir, et que je n’y suis pour rien. Ca me fait une belle jambe, me direz-vous ! Mais au moins, je sais qui est honnête, et qui ne l’a pas été (le vendeur ? Le mandataire ? Hum, j’ai mon idée…).

Tristesse

Il y a environ 3 kilomètres entre le lieu de l’expertise et la place de parking de la C3. J’ai laissé le volant à mon fils, qui l’a conduit pour la première, et très probablement pour la dernière fois. Ce devait être sa voiture aussi ! Certes, la boite s’est de nouveau bloquée, et le voyant moteur s’est allumé sur ce court trajet, mais il a pu surtout comprendre pourquoi j’avais initialement choisi ce modèle: un bon moteur, réactif, puissant, une voiture compacte, facile à rouler et à garer, plein de qualités. Sauf sa boite. Il en parle encore, plein de regrets ! Arrivé au parking, j’ai cru qu’il allait pleurer: il l’adore ! Mais c’est fini…

Quelqu’un devra payer pour tout ça. La partie 3, ce sera d’ici quelques mois !